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Entrée d'Hannibal à Capoue (gravure du XVIIe) |
Cette gravure du XVIIe représente les fameux "délices" qui sont plus mythiques qu'historiques |
La puissance militaire qui unissait l'Italie
étant brisée, Hannibal espère la désagrégation
de la confédération.
Effectivement l'Apulie, le Samnium, la Lucanie, le Bruttium, la
Campanie et les Grecs de Tarente et de Syracuse se détachent
de Rome. Partout, l'arrivée triomphante d'Hannibal permet
aux éléments démocratiques de chasser les
oligarchies mises en place et soutenues par Rome. Hannibal conclut
des pactes d'alliance avec le puissant Philippe V de Macédoine
et avec Hieronymos, Prince de Syracuse.
Mais Rome ne se laisse pas décourager Au milieu des épreuves,
rassemblant toutes ses énergies, Rome a réussi à
créer au centre de l'Italie une formation politique d'un
type nouveau, un véritable État national, dont le
noyau n'a pas été entamé par les défections
de ses associés, et qui révèle une vitalité
et une capacité de résistance qu'Hannibal n'avait
pas soupçonnées. Rome reconstitue une très
forte et très nombreuse armée de 200 000 hommes.
La tactique de Fabius ayant fait ses preuves, les 25 nouvelles
légions romaines évitent maintenant les grandes
batailles et s'appliquent à «grignoter» patiemment
les positions carthaginoises. Syracuse, défendue
par Archimède, est assiégée puis prise en
211. Capoue est également assiégée. Les
forces d'Hannibal sont numériquement trop réduites
pour qu'il puisse les disperser sur plusieurs fronts; c'est à
peine s'il peut maintenir de petites garnisons dans les places
soumises. Il assiste impuissant, la rage au coeur, aux attaques
des plus prestigieuses cités qui lui aient ouvert leurs
portes. Cependant, alors que l'étau se resserre autour
de Capoue, Hannibal s'empare de Tarente et effectue un raid jusqu'à
Rome pour attirer vers lui les légions. Mais ce calcul
est déjoué par le sénat de Capoue qui, se
croyant abandonné par Carthage et espérant la clémence
de Rome, ouvre les portes de la ville à son armée.
La répression est impitoyable. Tout de même, au printemps
210 av. J.-C. rien n'était absolument perdu. L'armée
d'Hannibal était intacte et le sud de l'Italie, où
elle évoluait librement, lui offrait une base sûre.
Rien n'interdisait de donner une nouvelle version de Cannes dont
Rome, cette fois, ne se relèverait peut-être pas.


